The author of this account, upon retirement after more than thirty years in the U. S. Foreign Service, pursued a career as a writer and translator in French and Spanish, based in Maryland. He has published novels in French, as well as English. Now fully retired in France, Mr. Nixon is a frequent contributor to the pages of American Diplomacy.Ed.
En 1961 le 23 février est tombé un jeudi. Je peux laffirmer pour deux raisons : (a) jai un calendrier pour toutes les années entre 1800 et 2050 qui le démontre, et de toute façon, (b) cétait un jour mémorable entre tous, celui de mon mariage à lhôtel de ville de Tunis. La veille, mercredi, ni moi ni personne navait travaillé à lambassade américaine car cétait lanniversaire de George Washington, et à lépoque, invariablement, cela se fêtait le 22 février. Je ne sais pas si entre-temps les règlements ont changé; en 1960 quand mon élue ma confirmé quelle était daccord pour devenir mon épouse, tout membre du personnel du Département dÉtat et de ses organismes affiliés (lUSIS et lICA, devenue lAID par la suite) ayant décidé de se marier avec une étrangère ou un étranger était obligé de soumettre sa démission à son ambassadeur et dattendre quune enquête soit menée au sujet de ladite étrangère ou dudit étranger pour savoir si elle ou il représentait un risque du point de vue de la sécurité des affaires de lÉtat. Or mon élue, Geneviève Delord, était Française, donc étrangère. Plein dégards pour les précautions que le Département dÉtat jugeait indispensables, jai soumis ma démission au directeur de lUSOM (United States Operations Mission) à Tunis en novembre 1960, en lui expliquant que dans le cas peu probable où lenquête frapperait ma fiancée danathème, jétais disposé à renoncer à mon poste et à partir avec elle pour me consacrer à un autre emploi. Après une attente de presque trois mois et une vague dICATOs et de TOICAs (à lépoque cétaient les désignations des télégrammes échangés entre ladministration de lICA à Washington et les USOM dans divers pays), le Département dÉtat, ayant accordé son approbation à ma fiancée, a autorisé le directeur de lUSOM/TUNIS à annuler ma démission. Ainsi, assurés quaucun changement radical dans ma situation professionnelle ne nous pendait plus au nez, nous avons pu, Geneviève et moi, nous marier tranquillement à lhôtel de ville à la date choisie plusieurs semaines auparavant. Notre acte de mariage a été rédigé en arabe, mais les autorités tunisiennes ont eu la gentillesse de nous en fournir une traduction officielle en français, ce qui ma permis daller tout de suite faire établir par le vice-consul des États-Unis une attestation intitulée Certificate of Witness to Marriage, indispensable pour la série de formalités quil a fallu remplir à propos de lheureux changement survenu dans mon état civil. Le coût de ce certificat, $3.00, ne ma certes pas ruiné; jai limpression quon ne pourrait en obtenir un aussi bon marché actuellement. La cérémonie religieuse a eu lieu deux jours plus tard, le samedi 25 février 1961, à la cathédrale de Bizerte. Pour Geneviève et moi cest ça la vraie date de nos noces. En principe nous devions nous marier en léglise Jeanne dArc à Tunis car Geneviève était paroissienne dans ce quartier-là de la ville, mais on nous a permis de comparaître devant Monseigneur Cassou, archévêque, à la cathédrale de Bizerte, pour la bénédiction nuptiale. Nous estimions que cette cathédrale, construite quelques années auparavant, était particulièrement belle, surtout à cause de ses vitraux lumineux hauts et étroits. La journée a été très ensoleillée, mais comme cétait lhiver personne na eu chaud. Puisquil sagissait dun mariage entre une Française et un Américain, lévénement a eu un certain aspect international et a attroupé de nombreux badauds à lentrée de la cathédrale de Bizerte. Parmi les invités il y avait des Américains, des Français, des Tunisiens et quelques personnes dautres nationalités. Pour la plupart dentre nous le point de départ était Tunis à environ 60 kilomètres de Bizerte. LUSOM avait mis à ma disposition pour cette insigne circonstance un grand break noir Chevrolet et un chauffeur qui devaient nous amener, moi, ma chère moitié et la mère de cette dernière, de lambassade américaine à Tunis à la cathédrale de Bizerte. Cependant la plupart des invités nous avaient présenté en arrivant à lambassade de grands bouquets de fleurs; au fait ces bouquets étaient tellement volumineux que quand on a fini de les placer à lintérieur du break pour les transporter avec nous à la cathédrale, on a vu quil ne restait de la place que pour Geneviève et sa mère. Et le futur marié? Ne fallait-il pas quand même quil participe à la cérémonie lui aussi? Heureusement que ma bonne copine, Sandy, était encore là avec sa voiture toute neuve, une Opel rouge saumon. Cest elle qui ma conduit à Bizerte, ce qui lui a donné un peu plus tard loccasion de régaler les autres invités américains de commentaires hilarants en parodiant une chanson populaire très en vogue depuis quelque temps : "Get him to the church on time." La cérémonie religieuse a été très belle. Avec son voile blanc de mariée et sa belle robe de velours blanc Geneviève était radieuse, et jose dire que moi-même, sur mon trente et un dans un costume gris foncé neuf fait par un des meilleurs tailleurs de Tunis, je méritais tous les suffrages. Toujours coquette de nature, la mère de Geneviève, fière dêtre en vue momentanément, portait un bel ensemble noire, des escarpins élégants et un petit chapeau rouge qui la rendaient digne du titre que sa fille lui accordait souvent en badinant : la reine mère. Mes parents, demeurant très loin en Californie, nont pu assister au mariage. Geneviève, en labsence de son père, a été escortée jusquà lautel par le directeur de lécole où elle enseignait, et accompagnée par son témoin, une amie dautrefois. Mon témoin à moi était mon ami et collègue, Sydney Wagoner, avec qui jai travaillé à Vientiance (Laos) et à Tunis jusquen 1963 quand il a été transféré à Bangui. Cest Sydney, dailleurs, et son épouse, Cynthia, qui, à lissue de la cérémonie dans la cathédrale de Bizerte, ont reçu nos invités chez eux dans leur maison très pittoresque à Sidi Bou Saïd près de Tunis. Je me souviens du 25 février 1961 comme lune des meilleures journées de ma vie | |||||

