par Luis Cardoso (*professeur d'histoire-géographie au college Gabriel-Havez de Creil)













 

Trois jeunes filles qui rendaienten classe coiffées d'un foulard dit "islamique", ont provoqué un débat national sur la laïcité française un siècle après Jules Ferry, sur la place de l'islam en France et même, plus généralment, sur l'intégration des populations immigrées ou issues de l'immigration.

Luis Cardoso, qui au collège Gabriel-Havez a vécu "l'affaire" depuis ses prémices et qui avait à l'automne une des adolescentes dans sa classe, retrace les différentes étapes de ce qui est devenu une polémique à rebondissements.

En encadré, Alain Seksig évoque un souvenir personnel, presque une fable intime dont la "morale" éclaire encore ses convictions et dont il tire la conclusion suivante : l'appartenance religieuse ressort du domaine privé.

"L'AFFAIRE du voile islamique" est née pour l'opinion en septembre 1989. Si l'on en croit les médias, le proviseur du collège Gabriel-Havez de Creil aurait exclu trois lycéennes pour port du tchador (sic).

Rappelons quelques faits, pour bien comprende de qui et de quoi l'on parle. Depuis plusieurs années, des élèves de confession israélite membres de l'Association de maison d'enfants (A.M.E.) du château de Laversine, proche de Creil, ne viennent pas en classe le samedi matin et, en septembre, ne rentrent qu'une dizaine de jours après tout le monde. Considérant que la situation n'avait que trop duré, M. Chénière, principal du collège, et avec lui le conseil d'administration réuni en juin 1989, avaient décidé que l'absence aux cours pour raisons religieuses ne serait plus tolérée à la rentrée scolaire suivante.

C'est alors que certains professeurs évoquèrent le cas de trois jeunes filles porteuses d'un "voile" : si l'on demandait à des enfants juifs de respecter le cadre laïque des établissments scolaires, il fallait agir de même vis-à-vis de ces jeunes filles musulmanes...

Les vacances d'été passent, la rentrée arrive. Je dois avoir Fatima A. dans une de mes classes ; je ne la verrai pas avant le 9 octobre ! Elle et sa soeur (sur la demande de leur père ?) refusent de reprendre les cours. Finalement, trois semaines après la rentrée, une note de service nous apprend qu'il faut refuser en classe tout élève se présentant avec un "voile". Quelques jours après, Samira S. est envoyée dans le bureau du principal, qui la fait, après une âpre discussion, raccompagner par une surveillante jusque chez elle avec un mot avertissant la famille de la nouvelle situation : l'6lève n'est pas renvoyée du collège au sens strict du terme (seul le conseil de discipline peut prendre une telle decision, insistons sur ce point).

Résumons : des élèves reprenant les cours quand ils le veulent bien, s'absentant systématiquement le samedi matin, d'autres venant avec un voile et refusant de rentrer en classe (pour deux jeunes filles).

Cette affaire a certes fait surgir un certain refoulé, mais aussi un nombre surprenant de contradictions. Les jeunes filles concernées, les premières, ne semblant pas avoir toujours un comportement logique quant à leurs convictions : elles veulent, disent-elles, vivre pleinement leur religion, en bonnes fondamentalistes qu'elles paraissent être. Elles respectent certains préceptes essentiels du Coran, mais si Samira S. refuse la reproduction de son image, en revanche elle laisse voir le bas de ses jambes, des chevilles jusqu'à mimollet, suivant la mode actuelle. Les deux soeurs A. se font faire des photos d'identité sans "voile", posent pour les photographes, se laissent filmer par les caméras. Toutes trois sont dans une école mixte, suivent les cours d'E.P.S.

Ces trois adolescentes me semblent être le symbole d'un des problèmes actuels de l'islam, problème qui concerne tous ceux qui vivent leur religion dans un pays à majorité non-musulmane. Est-il possible de concilier tradition et modernité?

C'est en tout cas au nom de cette modernité honnie et d'un certain rejet de la société française telle qu'elle se donne à voir que certains utilisent ces jeunes filles à des fins encore bien obscures à Creil, mais claires à Noyon. Par exemple, là où le voile avait été accepté, le dialogue se poursuivant avec les familles concernées, d'autres exigences sont très vite apparues (les mêmes que pour d'autres confessions, d' ailleurs) : refus de certaines disciplines, de leur contenu, exigences quant à la mixité, etc.

Les médias et à leur suite l'opinion, se sont focalisés sur ce "voile", après un article scandaleux du Courrier picard. Il faudrait quand même se demander pourquoi la presse n'a retenu qu'un des aspects de la question, en passant sous silence l'absentéisme des élèves israélites... Il est vrai que des jeunes filles voilées, voilà du sensationnel à la une, qui fait vendre du papier ou augmente les taux d'écoute dans une periode où l'actualité ne connaît pas l'intensité dramatique des événements de Roumanie!

Certains nous ont demandé comment des élèves pouvaient être laïques si elles ne passaient pas par l'école qui leur apporterait cette laïcité ? Mais comment peut-on prétendre cela : elles sont en quatrième et en troisième

D'autres ont parlé d'agression injustifiée, de racisme latent et sournois envers une -- et une seule -- communauté immigrée, en l'occurrence maghrébine. Cette accusation ne tient pas à l'épreuve des faits résumés ci-dessus ; il faut être sérieux et avoir des positions responsables quand on prétend représenter une communauté, quelle qu'elle soit.

Les lettres de réactions reçues au collège se sont ensuite multipliées. Mises à part de très nombreuses lettres de soutien "inconditionnel", se sont dégagées deux positions plus tranchées et fort divergentes l'une de l'autre :

-- d'une part l'imbécillité, la haine de l'Autre, le racisme abject et vulgaire : «Qu'elles s'en aillent, qu'ils retournent chex eux». Très honnêtement, ces infâmes bafouilles ont été très peu nombreuses et-- mais est-il nécessaire de le préciser ? -- nous ne nous reconnaissons pas dans cette caricature grotesque de "l'Occident";

-- d'autre part le réflexe identitaire, mais parfois aussi de repli sur soi : "«Nous, immigrés maghrébins, dénonçons le fantasme qui consiste à voir un ayatollah derrière chaque immigré».

Je l'ai dit, ces prises de position me semblent à l'opposé l'une de l'autre et pourtant quelque chose les rapproche : cet emploi des pronoms "ils" ou "nous". Peut-on croire à l'intégration si l'on continue à voir les choses de cette façon ?

Une enquête récente SOFRES- Nouvel Observateur du 23-29 mars 1989 montrait que 27% seulement des musulmans de France interrogés se sentaient avant tout musulmans, contre 59% qui se considéraient comme étant français et musulmans à la fois ; 71%, si le choix était possible, opteraient pour l'école publique alors que 29% choisiraient des établissements privés. 44% des personnes interrogées pensaient que l'on pouvait rompre avec l'islam (pourcentage énorme et presque impensable il y a encore quelques années).

Il semble, selon les conclusions de cette enquête, que l'on se dirige de plus en plus vers un islam "ouvert et sécularisé", presque "laïque" ! Le danger d'un islam intégriste en France est donc une crainte chimérique, mauvais rêve de quelques frileux intransigeants, laïcs de fraïche date. D'ailleurs, si danger intégriste il y a, ses manifestations en milieu scolaire ne sont pas le résultat de pressions de certains milieux islamiques. Au contraire, depuis plusieurs années certains milieux catholiques, protestants et juifs ne cessent de harceler les ministères compétents ou les académies de demandes pressantes -- et précises -- concernant les contenus de l'enseignement ou les rythmes scolaires (l'organisation de la semaine notamment).

Pour moi, il n'y a pas d'ambiguïté : les trois adolescentes "voilées" ne sont pas maghrébines, immigrées ou franco-maghrébines, elles sont françaises à part entière, c'est-à-dire tout cela à la fois.

Il n'est pas inutile de rappeler que cette affaire n'a concerné en tout et pour tout que trois élèves sur 875 (dont environ 500 susceptibles d'appartenir à l'islam) et que l'on n'a vu apparaître aucun nouveau voile. Ceci est d'une importance capitale : n'est-ce pas la preuve que la population du plateau Rouher a dans son immense majorité, non seulement compris notre position, mais aussi qu'elle n'est pas si réceptive qu'on voudrait le laisser entendre aux idées intégristes ?

Les professeurs de Creil n'ont d'ailleurs jamais considéré ces trois élèves-là comme des "porte-drapeaux" de l'intégrisme musulman.

Le dialogue s'est engagé, même si par la force des choses il fut bien mince : une réunion a notamment eu lieu le samedi 7 octobre 1989 avec les parents des trois jeunes filles, les présidents des amicales (laïques) tunisienne, marocaine et algérienne, un représentant de l'association Attadamoun (laïque, marocaine), membre de la ZEP de Creil et bien implantée sur le plateau Rouher, et enfin des représentants des parents d'élèves. Un compromis réussit à être établi : les élèves garderaient leur "voile" jusqu'à l'entrée en salle de classe et elles le laisseraient ensuite tomber sur leurs épaules.

Ce geste nous éclaire, il me semble, sur cet "attribut vestimentaire" : dans le cas des soeurs A., par exemple, il s'agit en fait d'un foulard, et comme nous l'a bien expliqué S. M. Hassan II à l'Heure de vérité : < le foulard coranique n'existe pas>. C'est ce que nous avaient dit également les représentants des associations le samedi 7 octobre 1989 ; cela étant, la mesure prise à l'encontre des jeunes filles se déplaçait alors du cultuel vers le culturel. La communauté maghrébine était donc directement visée, agressée violemment par une institution omnipotente, sûre d'elle-même, sourde au dialogue..La décision prise était somme toute arbitraire !

Cette position me semnble non seulement fantaisiste, mais surtout irresponsable.

Fantaisiste, car le foulard est vécu par les jeunes filles elles-mêmes comme un élément religieux de premier ordre. Mais aussi d'une certaine façon par nous qui les voyons : comment pourrait-on connaître autrement la religion de ces enfants, alors qu'elle n'est demandée dans aucun questionnaire ?

Irresponsable, car c'était pousser les extrémistes des deux bords à se radicaliser c'est d'ailleurs ce qu'ils ont fait) et confronter les velléités de refus de la part des parents des jeunes filles.

De fait trois jours après, le mardi 10 octobre, les trois adolescentes refusaient de nouveau d'assister aux cours tête nue ! La situation c'est alors tendue, le harcèlement des médias quasi permanent -- et souvent indécent -- ne concourant pas à l'améliorer ...

Aujourd'hui, la passion est retombée. L'actualité est aux bouleversements extraordinaires de l'Est européen ; "l'affaire du voile" est, selon les médias, un "vieux débat" !

Les deux soeurs A. ont repris les cours le 2 décembre 1989, après nouvelle acceptation du compromis. Elles sont de nouveau dans la même classe, différente de celle où elles avaient été inscrites en début d'année. Samira S. a finalement repris les cours le 26 janvier 1990.

Quant aux réactions des gens face à cette affaire, les contradictions là aussi ont été nombreuses.

Certains, qui se battent depuis des années pour que la condition des femmes d'origine musulmane vivant en France s'améliore, ont tout à coup accepté le port du voile à l'école au nom du droit à la différence. Peut-être est-ce oublier que le droit à la différence sous-entend parfois différence des droits, en claire inégalité juridique des individus ?

D'autres ont rappelé la nécessité d'intégrer des groupes d'individus et non pas des individus. Dans le même temps, ils dénonçaient une mesure qui leur paraissait aller à l'encontre du mouvement d'individuation de l'existence, idée de plus en plus présente dans notre société et notamment chez les jeunes (si ce mot a un sens).

D'autres encore, tiers mondistes de longue date, ont été taxés d'anti-tiers mondisme du jour au lendemain parce qu'ils ne pensaient pas que l'on devait autoriser le port du voile en classe !

On pourrait ainsi multiplier les exemples ; mais c'est une redoutable dialectique, celle qui consiste finalement à devoir être "pour" ou "contre", les bons dans un camp, les méchants dans l'autre ...

Cette somme de contradictions, nous l'avons bien sûr éprouvée à Creil ; mais la différence tient à ce que nous devons la gérer au quotidien. Or, si le port du foulard est passé effectivement "inaperçu" au collège pendant deux ans, ne peut-on penser qu'il devait inconsciemment être ressenti comme une gêne, puisqu'une très large majorité de professeurs s'est montrée d'accord avec la décision du conseil d'administration ( et non pas solidaire du principal, M. Chénière, la question ici ne se poseant pas).

Cette gêne éprouvée, même si elle n'a pas été exprimée, vient peut-être de ce que la laïcité étant l'espace où l'on débat (particulièrement la salle de classe), il devenait difficile de parler de libertéd'expression ou de droits de la femme devant des enfants considérées -- même à tort -- commes voilées.

Non pas que l'école occulte le fait religieux : ceux qui le pensent n'ont sans doute pas ouvert un manuel d'histoire-géographie ou l'éducation civique depuis logtemps. En sixième, les religions égyptienne, hébraïque, grecque, romaine, chrétienne, hindoue et boudhiste sont abordées ! En cinqième sont étudiées les religions chrétienne, orthodoxs et musulmane et le développement de la chrétienté romaine (par l'opposition à celle de l'Empire byzantin) dans le monde médiéval. La deuxième partie du programme d'éducation civique, la même année, propose un apprentissage de la diversité et de la tolérance. La place des immigrés dans le développement économique et culturel de la France est alors largement évoquée. Elle est reprise dans certaines questions abordées en histoire contemporaine (programme de troisième) ou en géographie (programme de quatrième notamment). L'apprentissage de la tolérance suppose que l'on reconnaisse l'autre comme son semblable, sans nier son altérité , mais c'est déjà en soi un écueil difficile à franchir pour chacun d'entre nous. Ne le rendons pas infranchissable en adoptant des positions rigoristes ou "définitives". La place et l'études des questions liées à l'immigration ou à la religion existent bel et bien ; sans doute convient-il de les développer. Mais en tout cas, laissons-leur le temps de s'ancrer dans le vécu quotidien du collège.

Cependant, si dans ma pratique d'enseignant je veux affirmer certaines valeurs considérées comme universelles, cela suppose que les enfants autour de moi soient prêts à m'écouter et, si possible, à m'entendre -- au sens fort du terme. Or, si un ou une élève s'enferme dans son altérité -- et ce me semble être le cas ici --, je me sens en droit de lui faire remarquer que l'affirmation ostentatoire de sa différence dérange le bon déroulement de la classe. De la même façon que certains intellectuels musulmans modérés ont affirmé, lors de l'affaire que la liberté d'opinion religieuse n;ouvre pas la porte à tous les comportements possibles.

Je le dis pour l'islam aujourd'hui, mais ceci est valable pour toutes les religions pratiquées en France.

Le problème est pour l'islam beaucoup plus complexe, c'est évident, car in n'a pas de véritable reconnaissance dans notre pays ; mais il n'as pas non plus de véritable représentativité, dans le sens où uine multitude d'associations ou groupes "rivaux" prétendent parler pour tous les musulmans de France. Cela suppose peut-être de la part de ces derniers une volonté décidée de clarifier leur organisation, mais aussi de définir ce qui peut être raisonnablement "sacrifié" dans le message du Prophète pour pouvoir vivre dans une société non-musulmane. Ici apparaît la question du choix, posé à chaque immigré, musulman ou non. Il y a certainement un pas doulouruex à franchir (j'en sais moi-même quelque chose) et il n'est pas simple pour personne. Mais il est certainement nécessaire de l'accomplir afin de permettre la vie en commun. ce mouvement ne concerne pas seulement les musulmans ; et nombreux sont ceux, en France, qui sont prêts à faire ce pas en direction de l'islam. S'il n'y a bien évidemment pas un ayatollah derrière chaque immigré, il n'y a pas, à l'évidence, un raciste derrière chaque musulman !

La priorité semble donc être la redéfinition de la "règle du jeu" : celle-ci est-elle floue, ambiguë parfois, sur la laïcité et l'école ? On peut et on doit en discuter. Mais pas en posant comme préalable l'autorisation du port du foulard (ou encore la révision du contenu de certaines disciplines) sans accepter encontrepartie l'idée que, si ce foulard n'est peut-être pas en lui-même un objet "condamnable", il peut être malgré tout générateur de confits à moyen ou long terme, dans des quartiers où les problèmes sont déjà nombreux et souvent exacerbés.

C'est sur ce dernier aspect que je voudrais insister. La position défendue par les enseignants de Creil est sans doute aussi une sorte de cri d'alarme face à la situation de délabrement de certains quartiers, comme ceux situés en Zone d'éducation proritaire (ZEP). Le débat sur la religion et l'école s'ajoute à tous les problèmes auxquels nous devons faire face quotidiennement, tant les élèves en sont marqués : problèmes affectifs, sociaux, raciaux ; prédélinquance et violence surtout.

Dans ce climat, les enfants d'origine magréhbine ne posent pas plus de problèmes que les autres, penser le contraire me paraît faux, comme le fait de dire que la majorité d'entre eux est en échec scolaire. Que l'on montre les chiffres prouvant ce fait ! Et si d'aventure ils sont en échecs scolaire, c'est oublier qu'à conditions sociales et culturelles égales, leurs petits camarades "français" le sont tout autant qu'eux.

L'échec scolaire n'est donc pas un problème spécifiquement lié à l'immigration, mais à l'existence de "ghettos" culturels et sociaux. Or, quand on sait que la nouvelle carte scolaire de la région creilloise prévoit un "recrutement" des élèves du collège Gabriel-Havez limité au plateau Rouher, on peut se demander s'il y a une réelle volonté d'en finir avec cette "théorie des grands ensembles".

L'école, accusée de tous les maux, n'est pas responsable de cette situation, mais elle doit compter avec elle. Ceux qui pensent que les choses sont simpoples, qu'il suffit après tout de laisser chacun libre de faire ce qu'il veut, de n'avoir aucune exigence, devraient venir faire un petit satge à Creil et se frotter un peu à la réalité des choses ... Mais ce serait tellement plus simple si le collège ou le lycée pouvaient régler seuls ce problème, et avec lui ceux du chômage, de la délinquance, de la drogue, de la violence ; demain, ceux de la faim dans le monde, de la couche d'ozone ou peut-être aussi d'Antarctique ? Simplisme d'esprit !

Les enseignants ne sont pas les êtres providentiels qui vont remédier à tous les maux grâce à la transmission des différents savoirs puisés dans différentes cultures. J en vois d'ailleurs pas en quoi cette idée est moins choquante, par exemple, que le fait de refuser des voiles en classe oeu les absences systématiques du samedi matin pour motifs religieux. Notre métier consiste-t-il à prendre des enfants croyants ou non , et à en faire de bons laïcs. de bons agnostiques ou de bons athées (notons d'ailleurs qu'on n'a pas tellement entendu parler de leur droits, à tous ces "non-religieux"...) ? Je réponds non : je ne me reconnais pas dans cette école militante. Comment concilier cette idée avec le respect de la différence, c'est une nouvelle contradiction que je ne saisis pas bien ....

La neutralité, au contraire, n'est nullement aseptisante. Elle est de toute façon un mythe : peut-elle être totale ? Parlant du nazisme, puis-je le faire dans un façon neutre, sans passion aucune ? Cependant, mon but n'est pas de convaincre à tout prix que le nazisme est la pire idéologie engendrée par l'homme, mais de donner des éléments de réflexion permettant d'avoir un jugement critique sur cette période noire de l'histoire mondiale. Donner des éléments d'analyse, des clés pour la lecture du monde contemporain, et non des synthèses "prémâchées" que les élèves n'aurainet plus qu'à ingurgiter, voilà à mon avis le sens de notre travail.

Pour cela, je ne demande qu'une chose : pouvoir oeuvrer dans de bonne conditions de travail et d'accueil des élèves. Dans cet ordre d'idées, la religion doit rester, autnat que possible, à la porte du collège et dans le coeur de chacun.
______________________
Partie I (Au Coeur...)
Partie II (De l"Affiche de l'Appartenance...)
___________________________________

Return to main 'lectures' page