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9 au 15 novembre. -
Dans L'Evénement du Jeudi, Bernard-Henri Lévy, l'un des "parrains" de SOS-Racisme, dit son désaccord avec les cinq intellectuels qui crient au "Munich de l'école républicaine".

10 novembre. -
Harlem Désir, dans un article du Monde, réclame une loi-cadre pour l'intégration et un ministre de l'Intégration pour avancer sur Cinq dossiers-clés : la ville, l'école, la police, les naturalisations, le travail clandestin.

11 novembre.-
A Avignon, le Front national rassemble six mille manifestants protestant contre "l'invasion étrangère".

16 novembre. -
A Aix-les-Bains, M. Jean Murguet, conseiller général (DVD), dénonce dans une lettre à la presse « la communauté juive qui se distingue par les signes extérieurs de sa religion, son mode de vie particulier et par son désir profond de ne pas s'intégrer à la population locale avec ses habitats groupés et ses commerces spécialisés ». La communauté juive aixoise possède la plus ancienne école talmudique de France. Cette communauté possède des écoles maternelles et primaires ainsi qu'un collège dont les bâtiments doivent être reconstruits sur un terrain loué à la ville.

Dans le Val-d'Oise, à Montmagny, les enseignants du groupe scolaire des Frères-Lumière avaient décidé de faire grève un quart d'heure tous les jours à partir du 16 novembre si l'une de leurs collègues, une rééducatrice, française de souche, mariée à un Algérien et convertie à l'islam, refusait d'enlever son foulard islamique à l'intérieur de l'établissement. Elle ne l'a jamais porté en classe. Pour le premier jour du mouvement, la jeune femme s'est présentée à l'école sans foulard.

20 novembre. -
L'ONU, lors de son assemblée générale, adopte à l'unanimité une convention internationale sur les droits de l'enfant. Une marche pacifique rassemblant quelque 6.000 personnes a eu lieu à Constantine (Algérie) pour protester « contre la position du gouvemement français sur l'affaire du voile islamique et l'interdiction faite aux élèves voilées de poursuivre leurs études ». Un mémorandum a été remis au consulat de France.

21 novembre.-
La Fédération nationale des musulmans de France adresse au Conseil d'Etat un courrier argurnenté sur la question du port du foulard islamique à l'école. La FNMF dénonce l'attitude du proviseur de Creil qui « constitue un abus de pouvoir allant à l'encontre de plusieurs principes constitutionnels ». Les auteurs de la lettre s'en prennent à « une tradition de combat de la part des extrémistes de la laïcité, contre tout ce qui est religieux ». Le port du foulard a pour but « de préserver la pudeur avant d'être prosélyte ».

22 novembre. –
Au Liban, assassinat de René Moawad, dix-sept jours après son élection à la présidence de la république libanaise.

A Noyon, dans l'Oise, une trentaine d'éleèves essentiellement d'origine marocaine, refusent de participer à certains cours -comme l'éducation physique, le dessin ou les sciences naturelles -qu'ils considèrent incompatibles avec la pratique de l'islam. Les enseignants ont décidé que « tous les élèves qui refuseront de participer à un cours feront l'objet d'une procédure administrative pour non-fréquentation scolaire ».

23 novembre. -
Le président François Mitterrand exprime pour la première fois son avis dans une interview à Paris-Match. 11 apporte un soutien clair à Lionel Jospin dont il juge « la position équilibrée ». « Ne confondons pas vigilance et intolérance. Notre société de droit est le plus solide rempart contre la violence qu'on tente de nous imposer. Quand on accueille des immigrés et quand on bénéficie de leur travail, on a le devoir de reconnaître leurs droits, comme on le fait à l'égard des travailleurs français, et de mener une politique d'intégration active. » Il ajoute : « L 'intégrisme est dangereux... Bien des pays musulmans s'en gardent. Ne soyons pas moins vigilants. Nous en avons le moyen ». En couverture du Nouvel Observateur : « Immigrés, l'enquête qui dérange ».

24 novembre.-
En Tchécoslovaquie, après la démission en bloc du bureau politique du parti communiste, les manifestations de masse et la grève générale, les députés votent à l'unanimité l'abolition du rôle dirigeant du parti.

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HOMMES & MIGRATIONS:
N° 1129--1130 -FEVRIER-MARS 1990

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