Dès qu’on entend parler de
Schéhérazade, de nombreuses images commencent
à nous venir à l’esprit. D’habitude,
les adultes et les enfants reconnaissent son nom et l'associent
aux contes des Mille et Une Nuits, d'abord traduits de l’arabe
au français par Antoine Galland en 1704. Au cours
des siècles, Schéhérazade et ses contes
ont été réinterprétés
par de nombreux auteurs, artistes, musiciens et cinéastes.
Bien qu’elle ait été décrite
dans le passé en tant que jeune fille courageuse
qui a employé le pouvoir des mots afin de sauver
sa vie, certains stéréotypes exotiques de
Schéhérazade continuent à se perpétuer
de nos jours. Beaucoup de gens la perçoivent selon
les stéréotypes occidentaux, comme une sultane
riche dans un somptueux palais oriental. Ce site web est
un outil pédagogique bilingue consacré aux
maintes identités de Schéhérazade dans
le monde. En consultant des extraits littéraires,
des articles de journaux, des peintures, des photographies,
des chansons, des affiches, et des films, vous rencontrerez
les nombreux visages de Schéhérazade d’hier
et d’aujourd’hui.
Au début de ce site, vous aurez l’occassion
de lire le conte-cadre des Mille et Une Nuits. Bien que
de nombreux manuscrits des Mille et Une Nuits existent,
la plupart des critiques s’accordent pour dire que
le corpus est d'origine Indo-Persane, et date du neuvième
siècle. Les traducteurs français et anglais
les mieux connus sont Antoine Galland, Joseph-Charles Mardrus,
Richard Burton, et Edward Lane. L’extrait que vous
lirez est tiré de l'édition de Galland.
Les deux prochaines sections de ce site sont consacrées
à la réécriture de Schéhérazade
au dix-neuvième siècle. Les nouvelles de Théophile
Gautier et Edgar Allen Poe reprennent l’histoire là
où Les Mille et Une Nuits se terminent: la mille
et deuxième nuit. Vous découvrirez ainsi comment
deux auteurs ont choisi de réinterpréter Schéhérazade
et son rapport avec le sultan.
L’Orientalisme est une notion qui est intrinsèquement
lié aux interprétations occidentales de l'Orient,
y compris Schéhérazade et Les Mille et Une
Nuits. L’Orientalisme est un discours qui exagère
l’exotisme de l’Orient, et correspond à
la pensée coloniale. Bien que typiquement lié
au dix-neuvième siècle, ce site montrera que
l'Orientalisme est un phénomène qui persiste
aujourd'hui. Dans un extrait de La Femme dans la Peinture
Orientaliste de Lynne Thornton, vous trouverez des exemples
de l’obsession européenne avec Schéhérazade
et le monde arabe.
Le prochain volet de ce site est consacré à
l'étude des perceptions orientales et occidentales
de Schéhérazade et du harem faite par la sociologue
marocaine Fatema Mernissi. Dans un article qui parle de
son dernier livre, Le Harem et l’Occident, vous trouverez
les découvertes étonnantes de Mernissi sur
les mythes de Schéhérazade.
En 1982, Leila Sebbar a publié Sherazade: dix-sept
ans, brune, frisée, les yeux verts. Dans ce roman
contemporain, l'écrivaine franco-algérienne
défie les stéréotypes orientalistes
de Scheherazade en la réinventant comme jeune fugueuse
Beur* à Paris. Vous trouverez ici des extraits du
roman de Sebbar dans lesquels Shérazade découvre
la peinture orientaliste et arrive à une prise de
conscience.
La partie finale de ce site web est une galerie d’images
de Schéhérazade des vingtième et vingt
et unième siècles. Grâce à des
affiches européennes des Mille et Une Nuits aussi
bien qu’un extrait du film télévisé
américain de l'an 2000, vous pourrez comparer l'évolution
chronologique et géographique de Schéhérazade.
Enfin, vous rencontrerez le stéréotype final
de Scheherazade aux Etats-Unis: La Barbie des Mille et Une
Nuits. Retournant de nouveau aux origines orientales des
Mille et Une Nuits, vous verrez la réponse iranienne
à Barbie...
* « Beur » est un mot en verlan qui veut dire
« Arabe ». On emploie ce terme pour référer
à la deuxième génération d’immigrés
maghrébins en France.
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