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«L'homophobie, ça fait mal» Rémi, 27 ans, homosexuel Je me sais homo depuis que j'ai conscience de moi-même. Mais cette réalité, je l'ai niée longtemps, très longtemps. Jusqu'à mes 22 ans. Je ne voulais pas, je ne pouvais pas voir les choses en face, accepter de ne pas être comme les autres. C'était trop douloureux pour moi. J'avais peur, j'avais mal. J'éprouvais une immense déception vis-à-vis de moi-même. Les gens ne se rendent pas compte à quel point les propos homophobes sont blessants, destructeurs. Comment un enfant peut-il avoir confiance en lui, se sentir bien dans sa peau quand on lui rabâche que l'homosexualité est la pire des tares? Quand on lui serine que les homos sont des faibles, promis à l'échec et à la déchéance? Quand l'allusion à la pédophilie n'est jamais loin? Quand il lit sur une banderole, dans une manifestation anti-Pacs, «Les pédés, au bûcher!»? Se demande-t-on pourquoi le taux de suicide des jeunes homos est de sept à dix fois supérieur à celui de leurs copains hétéros? Moi aussi, j'ai envisagé de me supprimer. J'étais convaincu d'être un bon à rien, je ne voyais pas d'autre issue au cas où mes parents auraient découvert la vérité. Petit à petit, malgré soi, on finit par intégrer le discours anti-pédé ambiant, et même par y croire. Jusqu'à rejeter tout ce qui touche à l'homosexualité, jusqu'à devenir soi-même homophobe, parfois. Si seulement les cours d'éducation sexuelle, à l'école, évoquaient la question, peut-être les ados se sentiraient-ils moins seuls, moins paumés.
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